Coutumes et Traditions Familiales
La Polygamie
Familles Polygames en Tanzanie
Dans les pays en voie de développement tels que la Tanzanie, la polygamie est une pratique courante. La polygamie est le mariage d'un homme avec plusieurs
femmes. Il doit à ses épouses fidélité et doit assurer la sécurité matérielle de chacune. Le mari doit également consacrer les mêmes droits à chacune de ses épouses. Aujourd'hui, nous associons
prioritairement cette pratique à l'Islam. Pourtant la polygamie est loin d'être propre à cette religion. Les Ecritures et autres livres saints abondent de preuves qu'elle était reconnue comme
pratique (coutume) chez les Hindous et les Juifs. Cependant, l'alphabétisation et le développement culturel de la femme font reculer la polygamie. Elle se révolte contre la surpuissance du mari
et se libère progressivement.
A l'heure actuelle, la polygamie est un sujet "tabou" car notre siècle prône la libération de la femme. Il serait inconcevable dans les sociétés occidentales de légaliser à nouveau cette
pratique.
En France, l'augmentation de l'immigration africaine, dans les années 80, a accru la pratique de la polygamie en France alors qu'elle est en régression dans les zones urbaines africaines.
Pourtant ce système social et économique est incompatible avec celui de la société française qui repose sur les principes d'égalité et de liberté individuelle. Pour cela, la loi du 24 août 1993 a
interdit la polygamie pour tout ressortissant étranger résidant en France. Depuis cette date, les familles polygames doivent donc régulariser leur situation par la décohabitation des épouses
autres que celle enregistrée comme première épouse. L'arrivée d'une seconde épouse est rarement acceptée et les querelles sont fréquentes. Les enfants très nombreux sont souvent liés à eux-mêmes
et ont des difficultés à suivre une scolarité normale. Les femmes se retrouvent dans un système qui ne favorise ni leur participation à la société extérieure ni leur autonomie. Dans le domaine du
logement, les ménages polygames se heurtent souvent à des problèmes, liés essentiellement à l'insuffisance de logements assez grands pour répondre à la taille de la famille.
Tabous et Habitudes Alimentaires
Les habitudes alimentaires varient suivant les groupes culturels et les religions. Dans certaines tribus, le beau-père n'a pas le droit de manger à la même table que sa belle-fille. Ailleurs, les
hommes ne sont pas autorisés à entrer dans la cuisine. Dans certains foyers musulmans, hommes et femmes mangent séparément. Par ailleurs, certaines femmes ne mangent ni boeuf, ni poulet, la
nourriture riche étant réservée aux hommes. Cette tradition alimentaire peut causer de graves problèmes de santé aux femmes qui ne mangent pas correctement.
Le Partage Des Biens
En Tanzanie, la répartition des biens est conflictuelle. En effet, il existe des inégalités de sexe au sujet de la possession de propriété. Lorsqu'un mariage se termine, les femmes sont
totalement dépourvues d’accès à la propriété du ménage, ce qui les rend vulnérables. Cependant, la loi du décret de mariage (1971), bien qu’elle interdise par exemple la dépossession de la maison
familiale (vente, etc.) sans le consentement de l'autre conjoint, stipule paradoxalement que l'épouse perd ce droit si le mariage se termine par le divorce ou par la mort. Dans le but de donner à
l’épouse un certain accès aux biens matrimoniaux en cas de divorce, un raisonnement a été effectué selon quoi le mariage est un investissement économique. Les Tanzaniennes n'ont pas droit à
l’héritage tant qu’il y a des héritiers masculins. L'accès des femmes à la propriété matrimoniale et à la terre est sévèrement limité dans la succession, soulignant l'urgence de la nécessité de
revoir les questions d’inégalité basées sur le sexe.
L'excision
Aujourd'hui, la pratique de l'excision en Afrique fait partie de ces survivances traditionnelles dont les nuisances pour la santé de la femme et de l'enfant ont été largement établies.
L'Organisation Mondiale de la Santé distingue plusieurs types de mutilation : De l'excision du capuchon à l'ablation totale du clitoris et des petites lèvres, jusqu'à l'infibulation, l'excision
totale des organes génitaux externes avec une suture pour réduire l'orifice vaginal. Elles ont pour but de réduire le désir sexuel des femmes. De manière générale, ces pratiques sont fondées sur
des croyances coutumières de certains peuples qui ignorent qu'elles consituent une violation des droits de l'Homme. Malgré des campagnes d'information, de prévention et de sensibilisation et
l'existence d'associations qui luttent contre l'excision, le poids des traditions communautaires sous prétexte de raisons religieuses, socioculturelles, rend difficile l'abolition de ces rites
barbares pratiqués depuis des générations.
En Tanzanie, l'excision est encore courante chez les Maasais. Mais peu à peu, les mentalités changent. L'excision profondément enracinée dans les pratiques
culturelles est symbole du passage à l'âge adulte.
L'excision représente actuellement pour les fillettes, avant le mariage, la cérémonie la plus importante de leur vie : Ce n'est qu'après s'être soumises au rite de l'excision qu'elles deviennt
des jeunes femmes et qu'elles sont pleinement acceptées et reconnues dans la communauté. La pression sociale et le risque de se faire exclure par la communauté sont tels qu'il est quasiment
impossible pour les femmes de se rebeller contre les traditions.
Bien que l'excision soit interdite en France depuis 1979, des mutilations clandestines continuent à s'y pratiquer. En France, de nombreux parents contournent
l'interdiction en faisant exciser leurs filles en Afrique, pendant les vacances. Jusqu'à présent, les ressortissants étrangers ne pouvaient être poursuivis en justice en France pour délit
d'excision. Cependant depuis 2006, toutes les personnes qui résident en France et qui font exciser leurs filles que ce soit en France ou à l'étranger sont passibles d'une peine.